Demande IPv4 en 2026 : réponse courte
Il n’existe pas de classement mondial officiel et vérifiable des pays selon leur « demande IPv4 ». Les registres Internet régionaux publient des délégations, des transferts et des informations de politique, mais ces données ne mesurent pas à elles seules les besoins non satisfaits, les locations privées, les ressources fournies par un opérateur ou les projets encore au stade de la planification.
Les États-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni restent néanmoins cinq marchés utiles à surveiller. Ils réunissent de grands écosystèmes numériques, une base IPv4 historique importante et des besoins de coexistence IPv4/IPv6. Les cinq profils ci-dessous sont des études de marché, pas un classement du premier au cinquième.
Que signifie réellement « demande IPv4 » ?
La demande peut désigner plusieurs phénomènes qui ne doivent pas être additionnés sans précaution. Une entreprise peut chercher un préfixe transférable, un opérateur peut attribuer des adresses à ses clients, une plateforme peut louer un bloc pour une période donnée et un réseau peut réduire son besoin grâce à IPv6, à un proxy ou au partage d’adresses.
| Indicateur | Ce qu’il montre | Ce qu’il ne prouve pas |
|---|---|---|
| Transferts enregistrés par un RIR | Des ressources dont le changement de titulaire a été traité selon une politique donnée | Le prix, l’usage réel, les demandes refusées ou la totalité des besoins d’un pays |
| Délégations et stock enregistré | La quantité de ressources inscrites dans un registre ou associées à une économie | Que chaque adresse est annoncée, utilisée, disponible ou proposée au transfert |
| Table de routage BGP | Les préfixes visibles depuis des points d’observation et leurs origines | Le titulaire économique, l’utilisateur final, le prix ou la disponibilité contractuelle |
| Mesures d’adoption IPv6 | La capacité IPv6 observée pour une population, un réseau ou un service | La disparition du besoin IPv4 pour toutes les applications et tous les partenaires |
| Offres de transfert ou de location | Une offre datée, soumise à une autorité, un contrat et des conditions | La demande nationale totale ni la compatibilité du préfixe avec un cas précis |
Méthode : pourquoi ces cinq marchés ?
Cette sélection, revue le 3 septembre 2026, s’appuie sur quatre familles de signaux : l’empreinte IPv4 historique, la taille et la diversité de l’écosystème réseau, l’existence de données publiques de transfert et le contexte de transition IPv6. Elle ne transforme pas ces signaux en un score opaque.
- Définir la période. Une année civile, un trimestre et un état instantané des routes peuvent donner des résultats différents.
- Séparer les autorités. ARIN, APNIC et RIPE NCC couvrent des régions et appliquent des politiques distinctes. Un pays n’est pas un registre.
- Distinguer stock, flux et besoin. Le stock enregistré, les adresses transférées et une demande commerciale sont trois mesures différentes.
- Conserver l’unité. Le nombre de transactions, le nombre de préfixes et le nombre d’adresses ne sont pas interchangeables.
- Documenter les absences. Les locations privées, les affectations d’un fournisseur et les projets abandonnés ne figurent pas nécessairement dans les journaux de transfert.
Le projet statistique commun des cinq RIR fournit un point de départ cohérent. Les journaux de transfert ARIN, de transfert APNIC et les statistiques de transfert RIPE NCC donnent ensuite des faits vérifiables, sans constituer un indice mondial de demande.
Vue d’ensemble des cinq marchés à surveiller
| Marché | RIR principal | Signal à examiner | Précaution |
|---|---|---|---|
| États-Unis | ARIN | Grande base historique, transferts intra-région et inter-RIR, besoins cloud, hébergement et accès | Le volume enregistré dans la région ARIN n’est pas une mesure propre aux seuls États-Unis |
| Chine | APNIC | Écosystème Internet de grande échelle et coexistence de réseaux IPv4 et IPv6 | Une attribution APNIC avec code pays ne prouve ni l’emplacement de chaque usage ni une demande d’achat |
| Japon | APNIC | Base d’opérateurs mature, services historiques et activité de transfert publiée par APNIC | Une forte maturité IPv6 peut réduire certains besoins sans supprimer toutes les dépendances IPv4 |
| Allemagne | RIPE NCC | Densité de réseaux, hébergement et transferts au sein de la région RIPE NCC | Les données de pays des transferts sont plus complètes à partir du 15 juillet 2025 |
| Royaume-Uni | RIPE NCC | Écosystème de services, réseaux d’entreprise et ressources historiques dans la région RIPE NCC | Le pays d’enregistrement d’une organisation ne décrit pas forcément la destination technique des adresses |
États-Unis : grande base historique et marché de transfert ARIN
Les États-Unis concentrent de nombreux fournisseurs de cloud, d’hébergement, de connectivité, de contenu et de services d’entreprise. Cette diversité crée des cas où une accessibilité IPv4 dédiée reste requise : clients ou partenaires uniquement IPv4, équipements hérités, listes d’autorisation, terminaison de services, attribution à des abonnés ou besoin de portabilité.
ARIN a déclaré l’épuisement de son stock libre IPv4 le 24 septembre 2015. Les organisations disposent aujourd’hui de voies distinctes : liste d’attente pour certaines ressources récupérées, transfert vers un destinataire qualifié, ressources d’un fournisseur ou déploiement IPv6. Les statistiques ARIN 2026 publient séparément les demandes, délégations et transferts. Il faut conserver cette séparation au lieu de présenter une somme comme une « demande américaine ».
Pour un projet concret, vérifiez que l’organisation destinataire remplit les conditions ARIN applicables, que le bloc est transférable et que le plan de routage, RPKI, IRR, DNS inverse et gestion des abus est prêt. Un volume de transfert régional ne garantit ni disponibilité immédiate ni adéquation technique.
Chine : échelle des réseaux et coexistence des protocoles
La Chine possède un vaste écosystème de réseaux d’accès, de cloud, de contenu, de commerce et d’applications mobiles. L’adoption d’IPv6 peut absorber une partie de la croissance, mais une application qui doit joindre des utilisateurs, partenaires ou systèmes uniquement IPv4 conserve un besoin de compatibilité.
APNIC applique depuis le 15 avril 2011 la politique liée à son dernier /8. Une allocation limitée sous cette politique n’équivaut pas à un stock général capable de couvrir tous les projets. Les besoins supplémentaires peuvent être satisfaits par une attribution d’opérateur, une récupération interne, une architecture de partage, un transfert conforme ou une location autorisée.
Les données APNIC doivent être lues avec leur unité et leur date. Un code pays dans un fichier de délégation est un attribut de registre, pas la preuve de l’endroit où chaque adresse est annoncée ni de l’identité de son utilisateur. Pour comparer un préfixe, examinez le registre, le titulaire, l’origine BGP, le ROA, l’historique et l’usage contractuellement permis.
Japon : réseau mature et dépendances applicatives
Le Japon combine une infrastructure Internet ancienne, des opérateurs établis, des services grand public et des systèmes d’entreprise à long cycle de vie. Même dans un marché avancé en IPv6, certains flux restent liés à IPv4 : interconnexion avec un tiers, équipement non mis à niveau, adresse publique dédiée, contrôle d’accès ou service qui ne fonctionne pas encore de bout en bout sur IPv6.
Le contexte de politique est celui d’APNIC, mais l’analyse d’un besoin japonais ne doit pas être déduite du seul total régional. Consultez le journal de transfert, les données de délégation et les mesures de protocole séparément. Puis testez le chemin réel de l’application, y compris DNS, pare-feu, télémétrie, géolocalisation, réputation et réponse aux incidents.
Une stratégie rationnelle réduit les dépendances évitables par IPv6 et conserve l’IPv4 là où un critère vérifié l’exige. Elle évite de transformer un nombre d’adresses historiques en prévision automatique de demande future.
Allemagne : densité de réseaux dans la région RIPE NCC
L’Allemagne accueille de nombreux réseaux d’entreprise, opérateurs, points d’échange, fournisseurs de services et centres de données. Cela peut soutenir une activité de transfert ou de location, mais le bon indicateur dépend du projet : capacité annoncée, nombre d’organisations destinataires, adresses transférées, durée ou besoin applicatif.
Le RIPE NCC a réalisé sa dernière allocation /22 à partir de son stock restant le 25 novembre 2019. Des /24 récupérés peuvent être distribués à des nouveaux LIR éligibles via une liste d’attente lorsqu’un stock existe. Cette voie limitée est différente des transferts de ressources déjà enregistrées.
Depuis le 15 juillet 2025, les statistiques RIPE NCC ajoutent les codes pays des parties pour les nouveaux transferts. Cette amélioration facilite certaines analyses nationales, mais le code reflète le pays d’enregistrement de l’organisation au moment du traitement. Il ne démontre pas où le préfixe sera annoncé ou utilisé.
Royaume-Uni : services numériques et ressources historiques
Le Royaume-Uni présente un mélange de réseaux de télécommunications, de services financiers, de cloud, d’hébergement, de médias et d’entreprises internationales. Les besoins IPv4 peuvent venir de la continuité d’un service historique, d’une migration, d’une exigence de partenaires ou d’une capacité publique temporaire.
Comme pour l’Allemagne, le RIR principal est le RIPE NCC. Les transferts publiés offrent une trace de changements de titulaire, mais une société enregistrée au Royaume-Uni peut exploiter un préfixe dans plusieurs pays, tandis qu’un service britannique peut utiliser des ressources d’un fournisseur enregistré ailleurs.
Avant de retenir une offre, documentez l’entité contractante, l’autorité sur le préfixe, la voie de transfert ou de location, l’ASN d’origine, les fournisseurs amont, le ROA, les objets IRR, le DNS inverse, la géolocalisation attendue et le plan de restitution. La localisation commerciale seule ne suffit pas.
Pourquoi un classement simple serait trompeur
- Les unités divergent : une transaction peut contenir plusieurs préfixes et un grand préfixe peut représenter davantage d’adresses que de nombreuses petites transactions.
- Les frontières divergent : région RIR, pays d’enregistrement, emplacement de routage et marché servi ne sont pas la même chose.
- Une partie du marché n’est pas publique : les locations privées et les affectations d’opérateurs ne sont pas nécessairement des transferts de registre.
- Le stock n’est pas l’offre : une adresse attribuée mais non annoncée n’est pas automatiquement inutilisée, transférable ou disponible.
- IPv6 change le besoin, pas toutes les contraintes : une bonne couverture IPv6 n’efface pas les dépendances IPv4 d’un partenaire ou d’une application.
- Les données sont temporelles : une observation de 2025 ne doit pas être présentée comme un état actuel sans date de révision.
Comment répondre à un besoin de capacité
| Option | Quand l’étudier | Contrôle principal |
|---|---|---|
| IPv6 ou double pile | Pour réduire la dépendance future à IPv4 lorsque les chemins de bout en bout sont compatibles | Applications, DNS, routage, sécurité, observabilité et partenaires réellement prêts |
| NAT ou partage d’adresses | Lorsque plusieurs flux sortants peuvent partager moins d’adresses publiques | Ports, état, attribution, journaux, entrée, abus et compatibilité des protocoles |
| Récupération et renumérotation | Quand l’inventaire interne contient des affectations inutilisées ou surdimensionnées | Dépendances, propriétaire, plan de migration, retrait des routes et retour arrière |
| Transfert IPv4 | Pour un besoin durable avec capital et éligibilité au transfert | Autorité du cédant, politique RIR, contrat, paiement, enregistrement et mise en service |
| Location IPv4 | Pour un besoin temporaire, variable ou sans achat d’actif | Autorité de route, durée, renouvellement, réputation, abus, remplacement et restitution |
| Ressources d’un fournisseur | Lorsque la capacité peut rester liée à un service cloud, hébergeur ou opérateur | Portabilité, dépendance au fournisseur, limites de route et coût de sortie |
Vérifications avant achat ou location
- Fixer le besoin : taille CIDR, pays de service, durée, date, applications, entrée, portabilité, croissance et plan IPv6.
- Identifier l’autorité : RIR, titulaire, droit de transférer ou de louer, restrictions, litiges et identité des parties.
- Valider la route : ASN, LOA, RPKI/ROA, IRR, filtre du fournisseur, visibilité BGP, DNS inverse et retour arrière.
- Tester l’adéquation : réputation datée, géolocalisation, listes pertinentes, usage antérieur, accessibilité et critères de remplacement.
- Comparer le coût total : prix, frais, mise en service, exploitation, support, renouvellement, incident, restitution et renumérotation.
- Conserver les preuves : source, heure, préfixe, résultat, décision, responsable et condition contractuelle correspondante.
Utilisez le calculateur de coût IPv4 pour normaliser les scénarios, puis confrontez le résultat à une offre datée. Les annonces publiques du marché sont un point de départ, pas une garantie de réservation, de transfert ou d’acceptation.
Questions fréquentes sur la demande IPv4
Quels pays ont la plus forte demande IPv4 en 2026 ?
Aucune autorité ne publie un classement mondial complet de la demande. Les États-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont ici cinq études de marché, sans ordre, fondées sur plusieurs signaux documentés.
Un grand stock IPv4 signifie-t-il une forte demande actuelle ?
Non. Le stock décrit des ressources enregistrées ou déléguées. Il ne dit pas combien sont disponibles, proposées, utilisées ni recherchées à une date donnée.
Les transferts mesurent-ils le marché IPv4 ?
Ils mesurent les changements de titulaire traités selon une politique. Ils ne capturent pas toutes les locations, affectations de fournisseur, demandes refusées ni besoins encore en planification.
Une adresse non annoncée est-elle disponible ?
Non. L’absence dans une vue BGP ne prouve ni l’absence de titulaire, ni l’inutilisation, ni la transférabilité. Il faut vérifier le registre et l’autorité de la partie qui propose le préfixe.
IPv6 supprime-t-il la demande IPv4 ?
IPv6 réduit la dépendance lorsque les applications et les chemins sont compatibles. IPv4 reste nécessaire pour certains utilisateurs, partenaires, équipements et services qui ne prennent pas encore en charge IPv6 de bout en bout.
Faut-il acheter ou louer des adresses IPv4 ?
L’achat peut convenir à un besoin durable et éligible au transfert ; la location peut convenir à un besoin temporaire ou variable. Comparez autorité, coût total, routage, continuité, renouvellement et sortie.
Le pays d’un transfert indique-t-il où le préfixe sera utilisé ?
Pas nécessairement. Le code pays peut décrire l’enregistrement de l’organisation. Le préfixe peut être annoncé, hébergé ou utilisé dans plusieurs territoires.
Comment vérifier une affirmation sur la demande IPv4 ?
Demandez la source, la date, l’unité, la période, les pays couverts et les exclusions. Comparez les données RIR, le routage et l’offre concrète sans les fusionner en un score non expliqué.
Sources primaires et données à jour
- NRO : statistiques communes des Registres Internet régionaux
- IANA : registre de l’espace d’adresses IPv4
- ARIN : statistiques et rapports 2026
- ARIN : journal des transferts vers des destinataires déterminés
- APNIC : statistiques de ressources, routage, IPv6 et transferts
- APNIC : données publiques de transfert
- RIPE NCC : statistiques de transfert
- RIPE NCC : portée des codes pays depuis juillet 2025



